Archives du mot-clé Art

Paysages dépaysés

À propos de Michel Barjol

L’artiste affiche son projet de façon apparemment anodine : « Paysages choisis », mais au contact de l’œuvre la formule se révèle subversive. Qui dit choix dit ici réappropriation radicale ! Pourquoi opérer un tel dépaysement de son propre pays, si ce n’est le prix de sa liberté ? Car il ne s’agit pas de se soumettre au despotisme des lieux, de les « représenter » servilement, mais de s’en affranchir pour les reconstruire dans un espace différent, reconfiguré et transfiguré.  Continuer la lecture de Paysages dépaysés 

Comment l’art rend l’espace plus hospitalier ?

Au risque d’apparaître provocateur, il s’agit ici d’aborder le paradoxe de l’inhospitalité de l’hôpital. Loin de nous l’idée que les personnels du milieu hospitalier accueilleraient mal les patients et leurs familles – chacun accordera que la plupart du temps leur professionnalisme et leur dévouement sont exemplaires -, mais pourtant l’hôpital en tant qu’institution instaure un espace spécifique qui est ressenti comme inhospitalier. Les raisons en sont diverses, mais elles conjuguent leurs effets. D’une part, l’hôpital apparaît comme une «hétérotopie de crise», un emplacement situé dans les marges de la société, parce qu’il concerne cette crise qui met hors jeu un individu et que l’on appelle la maladie. Personne ne «rentre» de gaieté de coeur à l’hôpital et chacun vit plutôt cette expérience comme une contrainte. D’autre part, cet espace qui se donne pour objectif de traiter cette crise qu’est la maladie, s’avère également inhospitalier du fait même de la rationalité médicale et administrative des moyens qu’il met en oeuvre pour accomplir sa tâche. Continuer la lecture de Comment l’art rend l’espace plus hospitalier ? 

Hannah Arendt : la part de l’art dans la constitution d’un monde commun d’apparence

Que l’art puisse participer à l’édification d’un monde humain est une idée qu’Hannah Arendt a repensée dans Condition de l’homme moderne. S’il est vrai que l’apparence comme manifestation est la seule voie d’accès à l’Être, l’art nous y initie puisqu’il a vocation à déployer entre l’artiste et son public un espace commun d’apparence. L’éclat des œuvres d’art contribue à garantir l’objectivité de notre monde parce qu’elles sont destinées traditionnellement à se maintenir durablement dans l’espace public. Mais certains ont cru s’autoriser d’Hannah Arendt pour condamner l’art contemporain au motif qu’il se fourvoierait dans l’éphémère. Continuer la lecture de Hannah Arendt : la part de l’art dans la constitution d’un monde commun d’apparence