Archives par mot-clé : Art

Le régime imaginaire de l’existence

Est-ce ainsi que les hommes vivent, à prendre sans cesse leurs désirs pour la réalité ? Nos croyances sont-elles nécessairement tissées d’illusions ? Le sens que nous déplions au fur et à mesure de notre vie vécue est-il marqué du sceau de l’imaginaire ? Dans notre dernier ouvrage Le Dépli du sens. Généalogie de la vie phénoménale, nous avons voulu démontrer qu’exister revient toujours à se figurer son existence, au risque de la déception et du sentiment de l’absurde. La fiabilité du sens que nous attribuons à notre existence suppose donc la reconnaissance de la réalité objective et sa prise en charge. Mais cet ajustement au réel n’implique pas pour autant le sacrifice de l’imagination symbolique qui permet d’approfondir la dimension de notre être-au-monde.

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Paysages dépaysés

À propos de Michel Barjol

L’artiste affiche son projet de façon apparemment anodine : « Paysages choisis », mais au contact de l’œuvre la formule se révèle subversive. Qui dit choix dit ici réappropriation radicale ! Pourquoi opérer un tel dépaysement de son propre pays, si ce n’est le prix de sa liberté ? Car il ne s’agit pas de se soumettre au despotisme des lieux, de les « représenter » servilement, mais de s’en affranchir pour les reconstruire dans un espace différent, reconfiguré et transfiguré.  Continuer la lecture de Paysages dépaysés

Hannah Arendt : la part de l’art dans la constitution d’un monde commun d’apparence

Que l’art puisse participer à l’édification d’un monde humain est une idée qu’Hannah Arendt a repensée dans Condition de l’homme moderne. S’il est vrai que l’apparence comme manifestation est la seule voie d’accès à l’Être, l’art nous y initie puisqu’il a vocation à déployer entre l’artiste et son public un espace commun d’apparence. L’éclat des œuvres d’art contribue à garantir l’objectivité de notre monde parce qu’elles sont destinées traditionnellement à se maintenir durablement dans l’espace public. Mais certains ont cru s’autoriser d’Hannah Arendt pour condamner l’art contemporain au motif qu’il se fourvoierait dans l’éphémère. Continuer la lecture de Hannah Arendt : la part de l’art dans la constitution d’un monde commun d’apparence