Est-ce ainsi que les hommes vivent, à prendre sans cesse leurs désirs pour la réalité ? Nos croyances sont-elles nécessairement tissées d’illusions ? Le sens que nous déplions au fur et à mesure de notre vie vécue est-il marqué du sceau de l’imaginaire ? Dans notre dernier ouvrage Le Dépli du sens. Généalogie de la vie phénoménale, nous avons voulu démontrer qu’exister revient toujours à se figurer son existence, au risque de la déception et du sentiment de l’absurde. La fiabilité du sens que nous attribuons à notre existence suppose donc la reconnaissance de la réalité objective et sa prise en charge. Mais cet ajustement au réel n’implique pas pour autant le sacrifice de l’imagination symbolique qui permet d’approfondir la dimension de notre être-au-monde.
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Le régime imaginaire de l’existence
Infodémie sur pandémie
Toute crise est propice aux extrapolations fantaisistes, a fortiori une crise sanitaire: ainsi, une pandémie peut affecter non seulement les corps, mais aussi les esprits. Le confinement a «acutisé» la propagation des théories les plus délirantes sur les réseaux sociaux qui sont devenus plus que jamais le refuge d’un monde parallèle uni par une défiance maladive. Lutter contre ce mal que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé «infodémie» -c’est-à-dire la propagation de croyances trompeuses -peut s’avérer cependant aussi difficile que le combat contre un nouveau virus. Cette prolifération d’infox à laquelle nous avons assisté participe surtout d’un déni de réalité qui a pris de multiples formes.
Continuer la lecture de Infodémie sur pandémieComment l’art rend l’espace plus hospitalier ?
Au risque d’apparaître provocateur, il s’agit ici d’aborder le paradoxe de l’inhospitalité de l’hôpital. Loin de nous l’idée que les personnels du milieu hospitalier accueilleraient mal les patients et leurs familles – chacun accordera que la plupart du temps leur professionnalisme et leur dévouement sont exemplaires -, mais pourtant l’hôpital en tant qu’institution instaure un espace spécifique qui est ressenti comme inhospitalier. Les raisons en sont diverses, mais elles conjuguent leurs effets. D’une part, l’hôpital apparaît comme une «hétérotopie de crise», un emplacement situé dans les marges de la société, parce qu’il concerne cette crise qui met hors jeu un individu et que l’on appelle la maladie. Personne ne «rentre» de gaieté de coeur à l’hôpital et chacun vit plutôt cette expérience comme une contrainte. D’autre part, cet espace qui se donne pour objectif de traiter cette crise qu’est la maladie, s’avère également inhospitalier du fait même de la rationalité médicale et administrative des moyens qu’il met en oeuvre pour accomplir sa tâche. Continuer la lecture de Comment l’art rend l’espace plus hospitalier ?