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La renaturation- revitalisation de la ville

Le développement proliférant des villes est l’exemple emblématique d’une dénaturation insoutenable. Aussi, leur renaturation est un impératif qui nous oblige à prodiguer tous les efforts nécessaires pour rétablir la place de la nature dans la ville. Mais le concept même de « nature » est devenu lui-même suspect, en raison de ses ambiguïtés. D’un point de vue philosophique, il présente une trop grande labilité sémantique. En outre, dans les courants écologiques actuels, cette notion ne fait plus l’unanimité : elle a formé avec la notion de culture un « couple dysfonctionnel » qui entretient nécessairement l’idée d’un dualisme radical et en fait une réalité radicalement étrangère à l’homme. Enfin, elle peut être un totem des idéologies réactionnaires quand on en vient à postuler une hiérarchie raciale au nom d’une « biodiversité humaine ». Ainsi, des auteurs contemporains comme P. Descola, B. Latour ou B. Morizot lui substituent la notion de « vivant » qui serait le trait d’union commun à tous les êtres vivants sur Terre. Rappelons que la notion de nature connote étymologiquement celle de vie : en grec, « phusis » vient du verbe « phuein » qui signifie « croître, engendrer » ; en latin, « natura » vient du verbe « nascor » et renvoie à la profusion des naissances, à l’élan de la vie. Dès lors, la renaturation équivaut avant tout à une revitalisation de la ville. Car sa fuite en avant dans l’artificialité relève du mirage mortifère faisant accroire que l’on pourrait s’épanouir en rompant le cordon ombilical nous amarrant au milieu ambiant. Mais si la renaturation de la ville doit être entendue comme une revitalisation, celle-ci ne peut se contenter de rétablir la place du vivant organique en son cœur : elle implique également de se soucier du vécu de ses habitants, sans cesse confrontés au caractère exogène des artefacts urbains. Aussi faut-il distinguer deux types complémentaires de renaturation : l’une métabolique consistant à rétablir au sein de la ville un continuum d’interactions entre l’homme et la nature organique, l’autre à enjeu étho-politique fondée sur une nouvelle façon d’habiter sa ville, de nouvelles pratiques sociales, de nouveaux habitus économiques et juridiques. Ainsi, la renaturation de la ville relève d’un écocentrisme réfléchi plus que d’un biocentrisme simpliste.

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