Archives par mot-clé : démocratie

Démocratie et raison d’Etat

La question de la compatibilité de la raison d’État avec la démocratie a souvent été posée et Charles Pasqua avait même soutenu que « la démocratie s’arrête là où commence la raison d’État ». On pourrait croire qu’avec l’affaiblissement du rôle joué par les institutions politiques le recours à la raison d’État puisse apparaître désormais obsolète. Mais, le repli apparent des États sur leurs fonctions régaliennes tend à faire revenir au premier plan cette question. Bien plus, le contexte de crise géopolitique et économique, auquel s’ajoutent les attaques terroristes, contribue à justifier de nouveau son invocation. Cependant, même lorsqu’elle se réclame des meilleures intentions, il serait naïf de penser que la raison d’État ne peut constituer un risque pour la démocratie.

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Le principe démocratie à l’épreuve

Lors d’un récent débat entre Alain Badiou et Marcel Gauchet , la question de la démocratie s’est imposée de manière incontournable. Les deux protagonistes se sont trouvés d’accord pour constater la crise aiguë qu’elle traverse aujourd’hui. Faut-il donc désespérer de la démocratie et la considérer comme une mystification politique spécifiquement entretenue par le capitalisme ou, au contraire, la tenir pour le requisit fondamental de l’action politique? Face à l’épreuve du terrorisme, le 11 janvier 2015 est apparu comme un ressourcement. Il a permis de redécouvrir le principe même qui sous-tend toute démocratie : la puissance d’un peuple se manifestant à lui-même, au nom de valeurs universelles. Continuer la lecture de Le principe démocratie à l’épreuve

La représentation en question

La désaffection vis-à-vis de la politique telle qu’elle est menée aujourd’hui se traduit par une méfiance accrue vis-à-vis de ceux qui prétendent agir au nom du peuple. Les prérogatives qu’ils s’accordent volontiers semblent d’autant plus contestables qu’elles sont souvent proportionnelles à l’impuissance dont ils font preuve pour traiter les problèmes institutionnels, sociaux et économiques rencontrés par les citoyens. En un mot, le peuple ne se reconnaît plus dans ses représentants. La défiance qui s’est installée condamne même certains à entreprendre des actions spectaculaires et désespérées pour défendre leurs intérêts. Bien plus, des forcenés n’hésitent pas à user de la violence aveugle contre des élus pris pour des boucs-émissaires. Il serait pourtant naïf de ranger ces phénomènes dans la rubrique des faits divers : ils constituent le symptôme d’un malaise grandissant. De tels comportements criminels ne peuvent que jeter l’effroi et souligner l’ampleur d’un malentendu. Car, la représentation est une procédure fondamentale de l’action politique. Prétendre s’en passer ne pourrait entraîner qu’une régression vers des méthodes nihilistes. Il s’agit donc de faire la part des choses entre ceux qui aspirent à redonner du sens à la représentation et les irresponsables qui prétendent jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut cesser de considérer la représentation comme un blanc-seing accordé à quelques-uns, mais en même temps repenser les fondements de sa légitimité. Continuer la lecture de La représentation en question

Le dépérissement de la raison d’état

Au nom de la raison d’Etat, les droits des personnes peuvent être bafoués impunément. La politique ne peut retrouver sa crédibilité qu’en s’abstenant désormais de s’y référer. Mais s’agit-il d’une simple variante de l’abus de pouvoir ou d’une dérive propre à l’Etat lui-même ? La propension de ce dernier à prétendre détenir le monopole de la raison contre les individus paraît de moins en moins supportable. Car le citoyen a ses raisons que l’Etat ne peut plus se permettre d’ignorer.  Continuer la lecture de Le dépérissement de la raison d’état

Partis, associations et démocratie

L’engouement pour la vie associative contraste paradoxalement avec la crise de confiance dont souffrent actuellement les partis politiques. Faut-il y voir le symptôme d’une vaste dépolitisation des citoyens ou plutôt la preuve qu’une certaine conception de la politique a fait son temps ? Si les partis politiques suscitent aujourd’hui autant de méfiance, les « affaires » n’en sont pas la seule raison. Le mal est plus profond : il révèle que le modèle d’une démocratie verticale est en train de péricliter. La vitalité des associations est le signe, en revanche, de l’aspiration à une démocratie horizontale.  Continuer la lecture de Partis, associations et démocratie

La ville : espace et liberté

”L’air de la ville rend libre” : le vieil adage médiéval résonne aujourd’hui de manière provocatrice. Pour beaucoup, la ville est devenue symbole d’aliénation. Quant à son air, il connote désormais l’idée de pollution… Les vertus de la ville ne semblent plus susciter que le doute.  Continuer la lecture de La ville : espace et liberté